Partager l'article ! Souvent pudeur varie…: On se souvient que le 1er octobre 2010, un débat houleux avait agité la majorité municipale Douais ...
On se souvient que le 1er octobre 2010, un débat houleux avait agité la majorité municipale Douaisienne à l’occasion de l’installation à Douai du « planning familial », le vote d’une subvention de 2.000 euros ayant entraîné l’abstention de 12 conseillers municipaux issus des rangs de l’UMP (lire le compte-rendu des débats : link)
Loin de nous l’idée de contester cette abstention, à la fois respectueuse des valeurs morales de certains de nos élus, comme du suffrage de la majorité de leurs collègues.
Nous nous étions d’ailleurs nous-même élevés à l’époque contre l’utilisation politique qu’un groupe -ou individu isolé- proche du national-socialisme voulait faire de cette affaire, s’autoproclamant sans même les avoir consultés porte-parole des catholiques de Tradition ( N'y allez pas! ).
Reste que, si l’on est moraliste, encore faut-il l’être de façon cohérente.
Le 7 juillet 2011, une dépêche de l’Agence France Presse (AFP), largement relayée dans la presse nationale (ex. « Le Figaro » link - « Libération » link), nous apprenait que M. Lasvaux, Maire-adjoint chargé des sports, avait décidé d’interdire dans les piscines de Douai un « maillot de bain islamique », pour des raisons à la fois réglementaires et hygiéniques.
Signalons pour mémoire qu’il n’est pas impossible que M. Lasvaux se soit abstenu lors du vote d’octobre 2010.
Mais enfin, nous voulons bien croire M. Lasvaux, qui assure que ledit maillot de bain n’était pas islamique mais avant tout bactérien, sauf à signaler que la jeune personne concernée se baignait aux horaires « normaux » de la piscine, parmi un public mixte, sans réclamer comme autrefois à Lille des horaires dits « aménagés », ce que M. Lascaux a par avance récusé, pour cette fois des raisons de disponibilité des piscines Douaisiennes.
Tout au plus pouvons-nous en conclure que notre majorité municipale est particulièrement sensible aux questions d’éthique et de mœurs, ce dont nous ne saurions lui contester le droit.
Mais voilà que fleurissent tout à coup dans Douai, au printemps 2011, de bien curieux panneaux publicitaires…
Pour tout dire, on en est demeuré sans voix… Car si l’on veut bien croire que stationner à Douai soit « le pied » (c’est à dire qu’effectivement on est vite contraint de se déplacer à pied si l’on veut se dépêtrer du nouveau plan de circulation), on peine à comprendre en quoi, si « le piaf c’est le pied! », c’est par des fesses que tout ceci se révèle aux heureux contribuables ainsi sollicités de s‘acquitter de la dime municipale…
Un esprit vulgaire aurait probablement suggéré qu’aux yeux malicieux de notre bon Maire, c’est en effet à cet endroit précis que le ressentent les cochons de payeurs… Mais Jacques Vernier est tout sauf vulgaire, nous le lui concédons sans peine. Alors? Quel message nous adresse-t-il, affichant avec hardiesse cette paire de fesses féminines, explicitement associés à un pied qu’inévitablement on est destiné à prendre en réglant son octroi, le tout… dans les tous premiers jours de l’affaire Strauss-Kahn?…
A ce stade de notre perplexité, nous fîmes silence, craignant d’être accusés à notre tour d’un moralisme étroit.
D’autres furent plus hardis, et nous les en félicitons, pour nous associer à leur gêne publiquement manifestée.
Ainsi, le 23 juin 2011, « l’Observateur du Douaisis » nous apprenait-il que Madame Brigitte Bonnaffé, psychologue de profession, experte près la Cour d’appel de Douai et Conseillère Municipale « ex-socialiste » de Douai, avait lors d’un Conseil Municipal réuni le 17 juin précédent dénoncé « cette sexualité à outrance où il faut qu’une femme serve d’appât pour vendre des produits ».
Au détour de l’article, on apprend que c’est M. Vernier lui-même qui a opté pour cette campagne fessière parmi plusieurs « visuels » qui lui avaient été proposés, laquelle campagne nous coûtera la bagatelle -si l’on ose dire- de 50.000,00 euros…
Et Madame Bonnaffé de conclure, dans un savoureux lapsus calami dont ont présume qu’il a été ajouté par le journaliste, quelle « ne comprend pas pourquoi on met des fesses de femme pour ventre (sic!) un Piaf. Il n’y a aucun rapport. Ce qui me gêne également dans cette affiche est qu’il n’y a pas la tête du modèle. C’est donc explicitement sexué ».
On ne saurait mieux dire… Mais, précisément, on a dit mieux!
Le 30 juin 2011, le même hebdomadaire Douaisien donnait la parole à Madame Alice Rallier, écrivain public et biographe. Que nous écrit cette femme de lettres? Qu’il s’agit, ni plus ni moins, de « publicité prostitutionnelle »…réalisée « avec en plus de l’argent public »… Et Madame Rallier, pleine d’espoir, d’appeler M. Vernier (destinataire initial de sa lettre) à faire « immédiatement retirer cette campagne indigne et (présenter) des excuses publiques aux Douaisiennes et Douaisiens »…
Que croyez-vous qu’il arriva? A peine quelques jours après la publication de cette lettre, c’est un véritable déferlement de fessiers qui s’abattit sur la ville de Douai, chaque horodateur s’ornant à son tour de cette vue présumée majestueuse…
On peut, bien entendu, en rire, et considérer comme le journaliste auteur du premier article qu’il n’y a « pas de quoi fouetter un chat ». Ou, à l’inverse souligner comme Madame Rallier que « le sexisme, c’est concret », et rappeler son lien avec les violences faites aux femmes.
Mais, lorsqu’on songe qu’au même moment, l’interpellation de M. Strauss-Kahn -présumé innocent- avait fait dire à M. Lang qu’il « n’y a pas mort d’homme » tandis que M. Jean-François Kahn (qui s’en est excusé depuis) n’y voyait qu’un « troussage de domestique », on s’étonne quand même quelque peu que M. Vernier, ainsi doublement interpellé en plein scandale mondial, n’aie rien trouvé de mieux que de multiplier ses affiches à caractère sexuel…
Lors du Conseil Municipal du 1er octobre 2010, M. Vernier déclarait à M. Avenel, élu écologiste, « je respecte profondément -et je vous demande de le faire également- les votes qui, sur des questions éthiques et religieuses, touchent le plus profond de chacune des personnes ici présentes, et qui sont donc infiniment respectables »…
Les mots nous sont ainsi ôtés de la bouche: n’est-ce pas, dans cette lamentable campagne fessière, de respect dont il eût dû s’agir?
25% de hausse d’impôts locaux, 25.000 euros la fesse…
Que M. Vernier comprenne qu’à notre tour, quelque chose qui tient d’une certaine morale publique nous touche profondément…
Franz Quatreboeufs.