Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 02:13

    Le quotidien « La Voix du Nord » aborde, dans son édition Douaisienne du 29 août 2011, la question de la « naissance, vie et disparition des romans de la bibliothèque municipale » :  link.

 

 

    Bel article, qui nous apprend des choses fort intéressantes et parfois cocasses, comme ce roman policier acquis car encensé par la critique, mais rapidement signalé par deux lecteurs comme contenant des « scènes sado-maso crues »…

 

 

    C’est en conclusion que le bât blesse, et c’est peu dire…

 

 

    Nous y lisons en effet qu’entre « 1.000 et 4.000 ouvrages,  tous secteurs confondus » sont détruits chaque année. Certains, bien entendu, parce qu’ils sont endommagés par de nombreuses lectures. Mais nombreux car « à un moment, on retrouvait certains de nos livres, que nous avions simplement jetés, dans le circuit des bouquinistes, avec le cachet de la bibliothèque maquillé. En fait, des gens intéressés faisaient nos poubelles »…

 

 

    Le lecteur aurait aimé, pour dire vrai, qu’on lui explique ce qu’est, aux yeux d’un bibliothécaire, être « intéressé » par un livre, au point d’aller le récupérer dans une poubelle. Qu’il nous explique, par exemple, s’il considère qu’il est blâmable qu’un bouquiniste fasse ce que fait un brocanteur les jours de ramassage des encombrants. Ou, peut-être, qu’il est prohibé de revendre des livres passée leur date de péremption, parce qu’ils deviendrait dangereux de les « consommer »…

 

 

    Plus encore, lorsque le lecteur se double d’un contribuable, et qu’il apprend qu’on mobilise l’ensemble des employés de la bibliothèque municipale pour « déchirer en plusieurs morceaux, à la main », les ouvrages « ainsi détruits », quelque chose de profond le chiffonne, comme l’obscure idée qu’on commet année après année un sacrilège imbécile et coûteux, par une étroitesse d’esprit qu’on peine à comprendre venant de fonctionnaires qui prétendent -probablement de bonne foi- aimer ce qu’ils détruisent pourtant à pleines mains…

 

 

    On se prend à songer, par exemple, à la commune de Dédougou, située au Burkina Fasso, pays francophone, jumelée avec Douai depuis 2003... Pourra-t-on nous expliquer comment aucun des deux Maire-adjoints en charge de la Culture qui se sont succédés depuis cette date (et il semble pourtant bien que le premier, Jacques Mercier, se dise passionné de francophonie…) n’a jamais eu la simple idée d’en faire cadeau à des bibliothèques, des écoles, des Alliances Françaises, de pays francophones ou non?

 

 

    Qu’on ne nous réponde pas que les envois sont coûteux, quand on mobilise le personnel municipal pour les détruire!

 

    Mais puisqu’il semble bien que donner ne vienne pas même à l’idée de nos scrupuleux comptables, peut-on leur révéler qu’il est aussi possible… de vendre?

 

 

    Mais oui! Point besoin de « maquiller » le cachet de la bibliothèque municipale… Il suffit d’en apposer un second : « exclu des collections »…

 

 

    C’est ce qu’à fait, à titre d’exemple, la Bibliothèque Municipale de Saint Lunaire (Ille-et-Vilaine) avant de vendre cet été plusieurs centaines d’ouvrages aux amoureux de la lecture, au prix unitaire d’un euro l’ouvrage…

 

 

 

 

Pierre-Bourgeade.JPG

 

    1.000 à 4.000 livres détruits chaque année… 1.000 à 4.000 euros ainsi soigneusement déchirés… Mais ne chipotons pas: depuis l’explosion de la pression fiscale Douaisienne, notre bibliothèque municipale n’en est pas à 1.000 ou même 4.000 euros près!

 

 

    Et s’il fallait songer à satisfaire les amoureux de la lecture… A quoi donc serviraient les bibliothèques municipales et leurs coûteux ouvrages neufs, vite acquis et aussi vite déchirés?

 

 

 

    Que celui dont le front n’est pas rouge de honte lève la tête…

 

 

    Franz Quatreboeufs.

Par MoDem Douaisis
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