La presse locale s'est faite l'écho ces derniers jours d'une "lettre ouverte" de l'Union des Commerçants Douaisiens, pavé dans la mare paisible du déclin continu de l'activité
commerciale de notre ville de Douai.
Le Maire-adjoint au Commerce, Thierry Lefebvre, qui lors de sa nomination le 5 juin 2009, en remplacement du démissionnaire Jean-Jacques Delille ( lire l'article de la Voix du
Nord: link ), fourmillait d'idées -dont
nombre intéressantes, et portées par un bel enthousiasme (lire: link ) - n'a semble-t-il rien vu venir,
lui qui à en croire la presse le 7 octobre 2010 conservait son optimisme, malgré les fermetures accélérées d'enseignes commerciales ( lire: link ) ... Doit-on s'en étonner, après l'avoir
entendu assurer courant 2009 que le nombre d'espaces vacants se situait dans une moyenne conforme à celles des communes de même importance...
Relevons tout d'abord la très inhabituelle liberté de ton de l'UCD, dont le Président se montre d'ordinaire d'une cordialité confinant à la camaraderie dévote avec Jacques
Vernier, Maire de Douai. Doit-on chercher la source de ce sursaut dans la rumeur voulant qu'un ancien adjoint démissionnaire soit pour beaucoup dans cette lettre ouverte? Ce serait disons-le
assez pitoyable, le désastre actuel n'étant que la fleuraison d'un chardon vénéneux dont la graine a germé il y a plusieurs années, sous le magistère dudit adjoint démissionnaire... Mais enfin on
s'interroge, ayant surpris le même rôdant autour d'Evéole, venu soutenir l'action courageuse de salariés dont il avait préparé la dégradation des conditions de travail lorsqu'il présidait
lui-même aux destinées du Syndicat des Transports... Le récit par eux-même de l'échange téléphonique qu'il eut avec les grévistes avant son déplacement est d'ailleurs digne d'un tel mauvais
burlesque qu'on peut s'attendre à tout de ce personnage.
Mais venons-en au fait, et lisons les réactions des édiles de la majorité Douaisienne, telles que rapportées par l'Observateur du Douaisis de ce jeudi 9 décembre 2010 (lire le
résumé de l'article: link ).
A tout seigneur tout honneur, notre bon Jacques, ci-devant Maire de Douai. Dans une furieuse réaction, Maître Jacques déclare la lettre ouverte "une honte", évoquant les 300.000
euros consacrés au second parking de la Place Carnot, "qui a été construit en un temps record"... Là, on ne peut que tirer son chapeau à Maître Jacques: les travaux du tramway ayant
débuté en 2006, c'est en effet en le temps record de 4 ans que ce second parking a été construit, et fini juste à temps pour servir cet hiver de socle à la patinoire...
Et l'on n'a pas tout vu, le temps record sera surpassé, l'espace situé en face du café "L'Abbaye", toujours Place Carnot, qui n'a jamais été correctement asphatlé parce
qu'il est destiné à recevoir l'ancienne fontaine de la place enlevée en 2006... n'a toujours fait l'objet d'aucune intervention, sauf le remplacement l'année dernière des piquets provisoires
entourant un espace provisoire par des piquets définitifs entourant un espace toujours provisoire...
Ne parlons pas des barrières fermant l'accès au premier parking, dont les pannes répétivives font la joie du quartier...
A celà s'ajoute, assène Maitre Jacques, les carrefours, prévus pour être signalisés à grands frais, ils devront certes attendre, mais pour une raison véritablement
imprévisible: il fait froid. Car, figurez-vous, les travaux ont été commandés pour être réalisés de décembre à mars! Ce n'est véritablement pas la faute des élus s'il se met à geler en hiver!
L'adjoint Thierry Lefebvre, lui, s'est senti "poignardé lâchement'. Probablement considère-t-il qu'on peut l'être courageusement, mais voilà, lui, c'est lâchement, et
là ça fait mal. C'est qu'il a nous assure-t-il passé trois heures délicieuses avec les commerçants, le 10 novembre dernier, "de 19h à 22h". Là, on ne peut que lui donner raison: c'est un
peu comme si une majorité municipale à laquelle il appartiendrait décidait d'augmenter les impôts locaux de 25% trois mois après les élections municipales... Ca en ferait, des contribuables
Douaisiens, à se sentir poignardés lâchement, et même dans le dos, avec une lame rouillée!
Il faut croire qu'entre le 10 novembre et la lettre ouverte du 3 décembre quelques esprits se seront échauffés...
Disons-le, il est difficile de départager les acteurs de ce pugilat, sauf à observer que l'équipe municipale a laissé notre commerce de centre-ville péricliter des années
durant, sans s'en alarmer aussi longtemps que les vitrines n'étaient pas vides. Ce qu'on nous annonce "tambour battant", dixit Maître Jacques, qui ne déteste pas couvrir les voix des
opposants de quelque tumulte rageur, aurait pu, et surtout dû, être réalisé il y a belle lurette: peut-on nous expliquer comment élu depuis 27 ans notre bon Maire ne s'est jamais avisé que ses
parkings étaient introuvables, et qu'en consacrant à l'en croire soirs et matins à rêver de son tramway futuriste, il n'a pas songé un instant que ce serait pire après avoir bouleversé le plan de
circulation?
Mais laissons la conclusion à la lettre ouverte des membres de l'UCD, qui s'inquiètent "du manque de cohérence, de lucidité et du manque de vision à long terme pour
l'avenir de leur ville et de son tissu commercial..." Tout est dit.
Ah, si! Un dernier mot pour Thierry Lefebvre, qui assure pour sa part ne "pas oublier qu'il existe d'autres associations de commerçants très dynamiques qui aimeraient
bénéficier des moyens de l'U.C.D."... Il a raison, le chantage, ça paie toujours, et parfume la politique locale d'un petit parfum clientéliste qui chatouille les narines... Mais, au
fait! Il y aurait donc des associations dynamiques, toutes prêtes à contribuer au redressement de notre commune, et qu'on n'aiderait pas du tout? Pourquoi? Parce que l'UCD était jusqu'alors
bien sage à l'inverse de quelques turbulents dont le seul défaut aura été un certain manque de dévotion?
Là, on se prend à songer au grand radical Lyonnais Edouard Herriot, et à sa phrase fameuse: "la politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas
trop..."
Franz QUATREBOEUFS.